Les Cordons de galets

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Introduction

Une bonne partie des informations précisées en « Généralités » provient de l’Observatoire de l’Environnement en Bretagne (OEB).

Nous ne mentionnerons que les grandes lignes afin de les rendre accessibles à tous.

Généralités

Les cordons de galets sont l’équivalent rocheux des dunes sur les plages. Ce sont des accumulations sédimentaires (de galets), étirées le long du littoral.

Ils constituent généralement la partie haute d’un estran essentiellement sableux. Le terme générique « cordons de galets » regroupe trois types de formations littorales :

  • Les plus fréquents sont appelés flèches à pointe libre. Ils possèdent une pointe divaguant librement dans la mer. C’est le cas de Mez Ar Zant.
  • Certains sont fixés par les deux extrémités à la terre ferme. Ce sont les cordons de barrages abritant des zones humides.
  • Les cordons adossés sont plaqués contre les falaises. C’est le cas de Kerarmel et Trodibon.

Pour info :

  • le sillon de Talbert est la plus grande flèche littorale de galets de la région.
  • les « queues de comète » sont des accumulations mises en place à l’abri d’une île auxquelles elle se rattachent. Elles s’étirent dans le sens des vagues incidentes, comme à la hauteur de l’Île Stérec.
  • Les « tombolos » sont des accumulations sédimentaires reliant une île à la terre ferme comme à Térénez.

Ci-dessus, Kerarmel

Plus précisément, les cordons de galets, ne sont pas faits que de galets. Ce sont en réalité des mélanges où s’agglomèrent des limons, du sable et des graviers, qui souvent emballent des galets plus ou moins grands.

En Bretagne, quasiment toutes les flèches et cordons de galets se trouvent sur la moitié nord des côtes bretonnes.

Le rôle des algues :

Dans les zones côtières peu profondes et suffisamment éclairées, des algues peuvent se fixer aux galets à l’aide de leur crampon. 

Cette structure qui ressemble à une racine a pour fonction d’ancrer ces organismes à leur milieu. Lorsqu’elles sont entraînées par la houle vers le rivage, elles emportent avec elles leur galet. Une fois arrivés sur l’estran, le galet et son algue « porteuse » sont poussés par les vagues qui viennent déferler sur le sable.

Les algues à crampons contribuent ainsi au transport sous-marin des galets. Il s’agit d’un phénomène courant sur toutes les formations de galets en Bretagne.

Photo : Observatoire de l'Environnement en Bretagne (OEB)

Le constat sur notre commune

Observations Mez Ar Zant :

Ci-dessus, près du local de la SRDM, à Mez Ar Zant.

Autrefois le cordon était plus long. 

Entre le cordon et le mur du potager, le ruisseau venant de Traon Nevez s’écoulait (voir bouche d’écoulement entre la maison et la SRDM). Il a été dévié au droit et l’espace dégagé a été remblayé par les vases draguées dans le port du Dourduff (1995).

Résultat :

  • sa largeur est variable (problème d’enrochement).
  •  sa couverture est végétale : ceci signifie que le cordon n’est pas recouvert aux plus hautes eaux, et donc qu’il est encore stabilisé.
  •  un  crochet distal s’est formé par le courant où s’effectue le dépôt de sédiments à l’issue de leur transit le long du cordon.
  •  la construction de la route (desserte de l’entreprise ostréicole) a protégé la falaise et épuisé l’alimentation en matériaux nouveaux.

Observations Palud du Dourduff :

Au départ le cordon, situé au confluent de 2 rivières, était composé de 2 bras isolant un marécage.

Les deux premières constructions (le Corps de Garde (?) et la maison Rault (1896)) puis le mur de défense, construit sur le bras nord (CM du 30-05-1909 et 8-11-1925) et enfin la cale de desserte des bassins ostréicoles (rénovée en 2022) ont eu pour conséquence : 

1°) de bloquer, en amont, le transit des matériaux le long de la fléche, générant le développement d’une deuxième flèche sur les anciens bassins ostréicoles.

2°) de favoriser, en aval,  l’érosion.

Près du Corps de Garde
Pointe sud du cordon, après les installations ostréicoles

Par contre, les constructions de magasins ostréicoles et la circulation due à cette activité ont contribué à fixer la flèche, dont on distingue à peine le crochet distal (formation libre à la pointe d’une flèche de galets).

Enfin, le marécage central a été comblé pour l’installation ostréicole « Guizien ».

Sources et Photographies : 
 
(Portail Web) Observatoire de l’Environnement en Bretagne : 
« Qu’est-ce qui explique l’originalité des cordons de galets en Bretagne ?«  par Morgane Guillet (OEB), Emmanuèle Savelli (OEB) en collaboration avec Julien Houron (Mairie de Pleubian), Dominique Halleux (Conservatoire du littoral), Marion Hardegen (Conservatoire botanique national de Brest) et Pierre Stéphan (UBO)
 
Vues aériennes : Photos Jean Le Guillou
 
Association Patrimoine et Chemins de Plouezoc’h